Go et pensée chinoise

« WeiQi » : entourer un espace-temps sur une planche de bois (go-ban ou QiPan en chinois). Au départ, une planche vide : sans ce vide, elle ne pourrait se remplir ; sans ce vide, rien ne s’y passerait. Ce vide de départ est nécessaire pour que quelque chose prenne forme. Ce qui prend forme : blanc-Yang et noir-Yin se contredisent, s’entrecroisent, s’interpellent de loin en loin, de proche en proche ; se touchent, se disputent, se rejettent et se refondent. Ce qui prend forme et se déforme aussitôt, se transforme et se reforme autrement. Une histoire à deux où l’autre n’est pas un adversaire, mais un élément nécessaire à la construction de son propre territoire. Et inversement, cela va sans dire… Le tout dans l’idée du « Ren » confucéen : devenir un être humain « debout » se construit grâce à la relation avec un autre. La construction n’est jamais terminée : le go-ban se vide en fin de séance, un vide qui appelle d’autres territoires à se former, se déformer et d’autres yeux à s’ouvrir.