![]() |
![]() |
5 questions à propos du soulèvement au TibetPeter Franssen (*)Vendredi 14 mars dernier, une émeute éclatait à Lhassa,
la capitale de la Région autonome du Tibet. Partout dans le monde,
ces événements ont donné lieu à des protestations
contre l'intervention de la police anti-émeute et l'armée
chinoises. 1. Que s'est-il réellement passé ?En Occident, l'opinion publique a eu l'impression que des manifestants
pacifiques, sous la direction de moines, avaient défilé dans
les rues pour réclamer la liberté et que la police et l'armée
chinoises étaient intervenues de façon très répressive. Deux jours après Nancy Pelosi, c'était le tour du président du parlement européen, l'Allemand Hans-Gert Poettering. « Si le gouvernement chinois suit cette ligne dure contre le Tibet, nous devons envisager un boycott des JO », a-t-il dit (Lisez l'article). Auparavant, cette suggestion avait déjà été faite par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Son homologue allemand Frank Walter Steinmeier a mis en garde la Chine contre le fait que son approche de la crise compromettait les JO (Lisez l'article). On peut se poser des questions à propos de la bonne foi de Pelosi, Poettering, Kouchner, Steinmeier. Toutes les déclarations, reportages, films et photos des témoins directs des événements montrent précisément le contraire de ce que ces politiciens prétendent. Nous pouvons désormais affirmer avec certitude que, ce vendredi 14 mars à Lhassa, il n'a nullement été question de manifestations, mais bien d'une émeute. Des groupes de jeunes, parfois sous la conduite de moines et armés de couteaux, de sabres, de machettes, de pierres et de cocktails Molotov, ont bouté le feu à des maisons, des commerces et des voitures. Sauf les touristes, toutes les personnes qui n'étaient pas tibétaines étaient en danger. Non seulement les Chinois Han, mais également les musulmans Hui, ont été battus, tabassés sauvagement, voire battus à mort. La violence a été extrêmement brutale et de nature ethnique et raciste. Ci-dessous, vous pouvez lire une série de témoignages, surtout de sources occidentales.
2. Quel était le but des émeutes ?Provoquer le gouvernement chinois Le soulèvement était-il spontané ?
Etait-ce une explosion de colère populaire qui, hélas,
a mal tourné ?
C’est ce que veut nous faire croire le dalaï-lama. Pourtant,
des organisations extrémistes ont admis qu’elles avaient
effectivement voulu et planifié ces événements.
Provoquer les autorités chinoises, telle était la tactique
prévue. Le 15 mars, c’est-à-dire le lendemain des événements,
paraît dans The Seattle Times un article intitulé « Tester
la Chine ». Tsewang Rigzin, le président de la très
extrémiste Ligue de la jeunesse tibétaine, y déclare
que les JO constituent une occasion unique de porter leur cause à l’attention
de l’opinion mondiale : « Nous voulons tester la Chine.
Nous voulons qu’elle montre son vrai visage. C’est pourquoi
nous les provoquons à ce point. »
(Lisez
l’article) Restaurer la théocratie La déclaration du président de l’organisation de
jeunesse ci-dessus concorde avec les objectifs de l’émeute
tels qu’ils ont été fixés par cinq organisations
séparatistes tibétaines. Dans ce texte, il est écrit
que les cinq organisations visent à déclencher une révolte
qui annoncerait la fin de « l’occupation ». Ces cinq
organisations sont : le Congrès de la jeunesse tibétaine,
l’Association des femmes tibétaines, le Mouvement Gu-Chu-Sum
du Tibet, le Parti national démocratique du Tibet et les Étudiants
pour un Tibet libre. Dans leur cahier de revendications, on peut lire
qu’elles veulent le retour au Tibet du dalaï-lama, à qui « il
convient de donner la place qui lui revient de droit comme dirigeant
légitime du peuple tibétain ». Ces organisations
veulent donc le retour de la théocratie. C’est donc la
même
chose que si les fondamentalistes catholiques réclamaient la
restauration en Europe de l’ordre du haut moyen âge, tout « en
donnant au pape sa place légitime » à la tête
du pouvoir temporel. Choisir la voie de l’escalade dans la violence Auprès de l’opinion publique, le mouvement tibétain
passe pour être très amical et pacifiste, essentiellement
spirituel et porté sur l’élévation des âmes.
Mais la réalité est tout autre. Six jours après
qu’il y a eu des morts à Lhassa et qu’on aurait
pu espérer voir apparaître quelques tiraillements de conscience
chez les instigateurs des troubles, ils surenchérissent au contraire
dans la violence. Le 20 mars, des cadres des cinq organisations séparatistes
mentionnées plus haut avaient une rencontre avec le dalaï-lama.
Ils lui ont demandé de lancer un appel direct à la violence. Essayer de faire éclater la Chine Certaines figures de proue du mouvement tibétain visent l’éclatement
de la Chine et ils veulent que, non seulement le Tibet, mais également
la Région autonome du Xinjiang et la Mongolie intérieure
se séparent de la Chine. Les cinq organisations susmentionnées
ont organisé une « marche de la paix » qui est
partie le 10 mars de la ville indienne de Dharamsala, durera cinq mois
et franchira la frontière sino-indienne au Tibet le 8 août,
c’est-à-dire
le jour même de l’inauguration des JO. Les Tibétains
ne marchent pas seuls. Ils le font, disent-ils, « avec des gens
d’autres territoires occupés comme la Mongolie et le Turkestan
oriental (Xinjiang) ». Ces « territoires occupés » doivent
eux aussi être libérés. 3. Des médiamensonges : dans quel but ? La plupart des hommes politiques et des médias occidentaux ont
condamné la Chine pour ce qui s’est passé à Lhassa.
Mais comment réagiraient-ils si des bandes de jeunes se mettaient à piller
et à incendier les magasins de l’avenue Louise, à Bruxelles
? Ne réclameraient-ils pas des interventions musclées
et des sanctions sévères ? À Lhassa, la police
a opéré avec
une très grande retenue durant toute la journée du vendredi
14 mars. Pourtant, on peut lire que la Chine a fait montre d’une « violence
excessive ». Pour faire avaler cette absurdité à l’opinion
publique, divers médias ont joué un rôle peu recommandable.
Ils ont voulu nous faire croire que les meurtriers et les incendiaires étaient
des combattants de la liberté qu’on avait atrocement massacrés.
Manifestement, ils voulaient discréditer la Chine, même
s’il fallait pour ce faire user des pires mensonges. L’International Herald Tribune fait savoir à ses
lecteurs que 30 Tibétains ont été abattus (lire
ici). Le Sydney Morning Herald prétend de son côté que
80 Tibétains ont été abattus
(lire
ici). Les médiamensonges éreintés par la critique Les étudiants chinois à l’étranger ont été très
indignés par le traitement des informations dans les médias
occidentaux. Ils ont lancé un site Internet Reporters sans honte Outre les milieux entourant le dalaï-lama, c’est
surtout l’organisation
Reporters sans frontières qui a joué un rôle prépondérant
dans la campagne mensongère. RSF se prétend une organisation
indépendante défendant partout la liberté de la
presse et les droits de l’homme. RSF a pas mal d’influence
sur les médias occidentaux, même si, en tant qu’organisation,
ce n’est qu’une usine à mensonges. RSF n’a
cessé de publier des articles haineux et de tenter d’imputer à la
Chine les troubles et les victimes. L’organisation lance un appel
en vue de boycotter les JO (lisez ici). Reporters sans frontières
est dirigée et cofinancée par le service américain
de renseignements, la CIA. Son patron est Robert Ménard, un
homme qui entretient d’étroits liens avec la mafia de
Miami. RSF dit de Cuba que « c’est la plus grande prison
de journalistes au monde ». Une allégation qui a quand
même de quoi
vous couper le souffle car, ces quarante dernières années,
791 journalistes ont été assassinés en Amérique
latine, mais pas un seul à Cuba
(lisez ici). 4. Le mouvement tibétain est-il spontané et indépendant ?Quelque 5,4 millions de Tibétains vivent en Chine, soit 0,4 % de la population totale du pays. Le petit et courageux David contre le grand et méchant Goliath : voilà l’image que l’on propose à l’opinion publique. Ici aussi, la vérité est tout autre. Le principal soutien du mouvement tibétain, ce sont les États-Unis et plus spécifiquement la CIA et le ministère des Affaires étrangères. Depuis un demi-siècle, le dalaï-lama entretient des rapports très étroits avec ces deux piliers de la politique étrangère américaine. C’est sur l’insistance de la CIA et en échange d’un beau paquet de dollars que le damaï-lama quitte le pays pour l’Inde et ce, malgré un accord avec le gouvernement de Beijing. Depuis des années, la CIA s’emploie à mijoter une révolte armée au Tibet. Laquelle éclate en 1959. À l’époque, la CIA a un camp d’entraînement dans le Colorado et elle y initie des centaines de Tibétains à la guérilla et au terrorisme. Ce programme se poursuit jusqu’en 1961. Mais le conflit de faible intensité (LIC) qu’entretient la CIA au Tibet se poursuit aujourd’hui encore. Seules les méthodes et les tactiques de ce LIC ont été modifiées. On peut en apprendre plus ici. Un financement via la CIAL’emprise des États-Unis sur le mouvement tibétain est évidente quand on voit que ce sont principalement les Américains qui maintiennent financièrement ce mouvement. En 1998, le journaliste Jim Mann écrit dans le journal australien The Age un article intéressant qui s’appuie sur des documents des autorités américaines. Il y est entre autres révélé que, dans les années 1960, la CIA offrait 1,7 millions de dollars par an au mouvement tibétain à l’étranger. Le dalaï-lama lui-même recevait 180.000 dollars par an de la CIA (lisez l’article). On peut naturellement se demander quelle est la teneur démocratique du dalaï-lama lorsque les assises financières de son mouvement sont assurées par une organisation dont le palmarès s’orne de millions de morts un peu partout sur la planète. Un financement opéré via le NEDDans la même période et celle qui suit, la CIA est mise en cause en raison de l’application au Vietnam du programme Phoenix, qui coûte la vie à 26.000 personnes, du coup d’État contre le président Allende au Chili et du soutien aux escadrons de la mort en Amérique latine. Il s’ensuit qu’une partie des activités de la CIA sont transférées à un nouvel organisme à l’appellation cynique de National Endowment for Democracy (NED, Dotation nationale en faveur de la démocratie). Une grande partie du soutien financier au mouvement tibétain émane désormais de cette source. L’argent arrose entre autres l’International
Campaign for Tibet (ICT), une organisation qui tente de gagner l’opinion
mondiale aux points de vue du dalaï-lama. Au conseil d’adminsitration
de l’ICT siègent entre autres l’agent de la CIA
et président tchèque Vaclav Havel et l’ancien président
de la Lituanie Vytautas Landsbergis. Les deux hommes sont également
membres du Comité international pour la démocratie à Cuba,
un club très huppé d’extrême droite. On
peut admirer ce groupe ici. Un autre groupe reçoit de l’argent du NED : le Tibet Information
Network (Réseau d’information sur le Tibet), dont le siège
est situé à Londres. Le groupe a également une
vocation propagandiste. Il est dirigé par Richard Oppenheimer,
un journaliste qui a travaillé pendant 22 ans pour la BBC. Le Tibet Multimedia Center figure lui aussi sur les feuilles de paie
du NED : il diffuse des cassettes audio et vidéo avec les messages
du dalaï-lama. Depuis 1996, l’émetteur de radio Voice of Tibet est financé par le NED pour ses émissions en tibétain et en chinois. Dans le rapport du NED pour 2006 on peut lire que cinq organisations tibétaines reçoivent de l’argent pour un total de 173.000 dollars. La liste n’est pas complète en raison du « caractère confidentiel » de certaines donations. Un financement via les Affaires étrangères.Le NED n’est pas le seul bailleur de fonds du mouvement tibétain. De l’argent américain arrose également le dalaï-lama et son entourage via le Bureau of Democracy, Human Rights and Labor (DRL – Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail) du ministère des Affaires étrangères. Ce DRL reçoit de l’État de l’argent qu’il peut utiliser afin de favoriser la « démocratie et les droits de l’homme » partout dans le monde. Un quart de tout cette manne va à des organisations qui s’intéressent à la « démocratie et aux droits de l’homme » en Chine. Il s’agit en grande partie d’organisations tibétaines. L’an dernier, le DRL a pu ainsi distribuer 23 millions de dollars. Un bon tiers de cet argent va au NED, le reste est distribué par le DRL même. Entre autres, au Tibet Fund déjà mentionné. Le rapport annuel le plus récent du Tibet Fund date de 2005 (lisez-le ici en PDF). Il y est écrit qu’en 2005, le fonds avait un budget de 5 millions de dollars, dont une moitié en provenance du gouvernement américain, surtout du Bureau de la population, des réfugiés et de l’immigration du ministère des Affaires étrangères. Ce bureau est une composante du DRL. Cette année-là, le Fonds a offert 500.000 dollars au dalaï-lama en personne. Un financement en provenance de l’EuropeLe gouvernement américain est le principal financier du mouvement tibétain. La prédilection du dalaï-lama pour la politique étrangère des États-Unis est donc très compréhensible. Mais les gouvernements européens n’hésitent pas non plus de mettre la main à la poche. Une grande partie du financement se fait non pas directement, mais par le biais de fondations dont, entre autres, la Friedrich Naumann Stiftung (fondation) et la Heinrich Böll Stiftung. Afin d’exprimer sa reconnaissance, le dalaï-lama a remis en 2005 le prix Light of Truth (Lumière de la vérité) au comte Otto Lambsdorff, président de la Friedrich Naumann Stiftung. Vous pouvez lire ici un rapport à ce sujet. 5. Toute la communauté internationale condamne-t-elle la Chine ?S’il faut en croire les informations occidentales, la Chine est complètement isolée, désormais : le monde entier la condamne. En réalité, depuis le 14 mars, une bonne centaine de pays ont exprimé leur soutien à la Chine. Les mots de « communauté internationale », dans la bouche du président américain Bush, du président français Sarkozy et de la chancelière allemande Merkel, ne couvrent surtout qu’eux-mêmes. L’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique n’entrent pas en ligne de compte, pas plus que les pays de l’ancienne URSS. On se souviendra de ce que la « communauté internationale » de George W. Bush avait également soutenu la guerre de ce dernier contre l’Irak. Mais, à y regarder de plus près, ce n’était absolument pas le cas. Pour le Vietnam, le Cambodge, le Bangladesh, la Chine a agi correctementLes gouvernements du Vietnam, du Cambodge et du Bangladesh ont été les premiers à exprimer leur soutien à la Chine. Le vice-ministre vietnamien des Affaires étrangères a déclaré : « Le Vietnam soutient pleinement le gouvernement chinois dans ses mesures en vue de stabiliser la situation au Tibet. » (lisez l’article) Hugo Chávez : soutien à la Chine et aux JO Le président vénézuélien a exprimé sa
répulsion pour ce que les incendiaires de Lhassa ont fait. Il
est convaincu que les États-Unis sont coresponsables de ces événements. (lisez
l’article) Les pays de l’Asie centrale, le Sierra Leone, le Bénin, la Syrie…La Mongolie, le Népal, le Tadjikistan… La liste est longue. Le ministre syrien des Affaires étrangères a dit des émeutes à Lhassa : « la Syrie condamne ces événements et les milieux qui se trouvent derrière. Nous exprimons notre solidarité avec la Chine et nous rangeons aux côtés de la Chine. » (lisez l’article) Cuba condamne les séparatistes tibétainsC’est dans des termes très sévères que le gouvernement cubain a condamné le soulèvement de Lhassa. Cuba a également déclaré que les attentats contre les ambassades chinoises à l’étranger constituaient de graves infractions à la Convention de Vienne sur mes relations diplomatiques. (lisez l’article) (*) Peter Franssen - économiste, spécialisé pour la Chine |
Coin lecture
Tibet, page spéciale
Contact Tian-DiTian-Di (asbl) N° de compte: 068-2270845-05 |
|
| © Tian-Di | webmaster |