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« Le dernier maoïste de France »?Ma note précédente, concernant les Jeux Olympique, le Tibet et la Chine, aura été un évènement pour moi, compte tenu du nombres des réactions qu’elle a provoqué. Ce n’est surement pas la note la mieux écrite depuis que je tiens ce blog. J’ai rédigé un peu vite et la forme s’en ressent. Pas le fond, heureusement. Il est sans ambigüité. Bien sur, je persiste et signe. Depuis, l’onde de choc des dégâts provoqués par les manifestations anti-chinoises à Paris se propage. Petit à petit nombreux sont ceux qui réalisent qu’ils ont été manipulés. Dans cette note aujourd’hui je commence par parler de mon texte précédent et des réactions qu’il m’a permis de connaître. Puis je reviens sur les faits en cause. Et j’ajoute un mot plus général à propos de la Chine. Ma surpriseMon texte a suscité 2440 commentaires en ligne à l’heure à laquelle je rédige ces mots. En même temps je recevais 1500 mails sur ma boite aux lettres du sénat. Ce sont des chiffres considérables pour moi. D’ailleurs, je ne crois pas qu’une intervention politique en France en déclenche souvent autant hors contexte éléctoral. Avec cela les vidéos de chacune de mes interventions sur le sujet ont été regardées plusieurs centaines de fois et celle de mon passage à la matinale de France 2, sous-titrée en chinois je ne sais par qui, produit un buzz de première grandeur. En soi c’est un sujet de réflexion sur la puissance d’un blog en tant que média singulier. D’autre part le contenu de ces réactions m’a beaucoup étonné. Disons d’abord que je m’attendais à être totalement isolé et incompris. Ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. Dès les premières heures après l’édition de ma note, puis surtout après mon passage à Europe 1 en face de Jean-Pierre El kabbach qui le premier m’a donné la parole, et ensuite à la télé, les témoignages d’approbations dans la rue et par courriers ont été très nombreux. Je crois que beaucoup de français sont devenus très méfiants à l’égard des déferlantes médiatiques. Les guerres du golfe, Timisoara, et le référendum français sur la Constitution européenne sont passés par là créant une salutaire méfiance à l’égard du pouvoir d’injonction médiatique. Ensuite je m’attendais à bien
des simplifications, transpositions, bétifications de
mon point de vue. Elles n’ont pas manqué dans le
petit cercle des milieux politiques. J’ai été au
contraire impressionné par le fait que ceux qui ont décidé de
me donner la parole ont respecté mon avis et traité ma
singularité avec sérieux alors que continuait tout
autour le déluge irresponsable en faveur du Tibet des
moines. El kabbach, Françoise Laborde, Laurent
Ruquier,
et Paul Amar m’ont accueilli sur des émissions de
grandes écoutes. Parfois le contact fut rude. Mais ce
n’était pour m’offrir en pâture.
Au niveau inférieur de la profession on continue à gagner ses galons à la force de l’aboiement. Je vous en livre un exemple, certes très secondaire, le sourire aux lèvres. Il s’agit de ce pauvre Sylvain Attal, journaliste-répondeur-automatique-libéral de chez libéral qui, selon ses termes emplis de modestie « se lance dans l’aventure du blog en espérant qu’elle contribuera à régénérer le journalisme français, » rien de moins. On appréciera sa contribution personnelle à cette vaste entreprise en lisant cette ligne de commentaire qu’il fait sur les élections italiennes : « Reste que l’idéologie socialiste, la tendance pro-chinoise à la Mélenchon, jadis très forte en Italie a été complètement laminée lors de ces législatives ». C’est fin, non ? Du moins apprenons-nous de cette façon quel genre de régérescence propose Sylvain Attal. Un outil hors du communUn mot sur le blog en général.
Je milite depuis assez longtemps, j’ai utilisé tant
de vecteurs d’expression, que je peux mesure l’apport
de ce nouvel outil. Quelle merveille ! Il produit une capacité de
propagation, et de mise en lien des protagonistes d’une
discussion, sans précédent et sans équivalent.
Il ne faut pas voir que le seul impact d’une pierre lancée à point
nommée par ce moyen. L’interactivité entre
l’auteur et ses commentateurs, et les uns avec les autres,
est un fait essentiel. Ainsi quand j’ examine la liasse
imprimée des mails et des commentaires, j’absorbe
une grande richesse de points de vue et d’informations.
Bien sur il y a aussi des injures et des louanges sans arguments.
Mais elles rendent comptent d’un état de réactivité et
elles sont donc intéressantes de ce fait même dans
leur forme comme dans leur angle d’accroche. Un grand nombre
de commentaires exposent une analyse. C’est cela le plus
précieux. Bon nombre d’entre elles m’ont permis
de corriger ou d’adapter mes arguments à l’occasion
des passages audiovisuels. Je ne pense pas seulement aux informations
qu’ils m’ont apportées. J’ai en vue
le moyen qu’ils m’ont donné de corriger les
erreurs que j’ai pu commettre ou les malentendus que mon
expression a pu soulever. Le devoir de mise à distanceLe but d’une
discussion comme celle que je veux déclencher dans ce
type de circonstances n’est pas de stigmatiser ceux qui
contredisent mon point de vue. Mon objectif est d’ouvrir
une fenêtre dans le mur des certitudes et de placer la
discussion sur le terrain de l’argumentation. C’est
le chemin le plus sur vers la raison. Dans la confrontation d’arguments
rationnels on peu se convaincre sans déchoir. On peut
en rester à son appréciation, mais alors c’est
en connaissance de cause. La discussion, la contradiction rend
fort. Notre ennemi, à l’âge des déferlantes
médiatiques, c’est l’aveuglement. La conscience
aveuglée, maladie civique de notre temps. Une conscience
aveuglée est une conscience qui se met en action rationnelle
au nom de faits non avérés ou tronqués.
Deux héros disqualifiantsLe premier, Robert Menard, est
connu de tous ceux qui s’intéressent à l’Amérique
latine. Menard y est un porte parole univoque mais maladroit
et cafouilleur des campagnes du gouvernement des USA. Pour le
reste sa défense des journalistes dans le monde est exclusivement
centrée sur les pays qui déplaisent à ce
gouvernement. Aux USA même, la seule journaliste qu’il
ait jamais défendu est celle qui a été en
prison pour avoir révélé le nom d’un
agent de la CIA qui protestait contre les mensonges sur la présence
d’arme de destruction massive en Irak. La suite a établi
qu’elle l’avait fait sur ordre du président
Bush et de son bras droit en la matière
le sieur Dick
Cheney. Cette manipulatrice avait été auparavant
virée du « New York Time » précisément
pour avoir inondé ce journal d’infos mensongères
sur les armes de destructions massives. Si je cite brièvement
cet épisode, parmi tant d’autres très accablants, c’est
parce qu’il signale bien le degré de proximité de
Robert Ménard avec la fine pointe
des avatars de la politique des néo conservateurs américain
et de l’équipe
Bush. Le second, Lionel Lucca, député UMP des alpes maritimes est d’une totale sincérité dans son anti communisme de principe. Moyennant quoi, qui boit la mer avec lui doit aussi avaler les poissons. Bon appétit aux amateurs ! Lionel Lucca est l’auteur d’une proposition de loi visant à rétablir la peine de mort en France. Il est aussi signataires du célèbre amendement établissant le caractère positif de la colonisation française. Il est enfin l’auteur en 2007 d’une proposition de loi visant à « reconnaître le génocide Vendéen ». Je pense que je peux faire l’économie de la démonstration sur le lien qui doit être établi entre ces initiatives législatives d’inspiration d’extrême droite et la vindicte anti chinoise du personnage. A propos de la ChineJ’admets que mon intérêt et mon amitié pour ce pays me fait voir souvent ce qu’il fait avec plus de faveur qu’un examen plus froid l’exigerait peut-être. Dire que l’on a de l’amitié pour un pays cela signifie quelque chose d’autre qui dépasse le moment politique. J’aime la Chine pour son histoire, son esthétique, ses cultures, ses paysages, ses continuités et ses ruptures. Pour autant que j’en connaisse de tout cela par mes lectures d’un grosse centaine de romans et de quelques autres livres assez divers. Soit. D’aucuns en déduisent que j’agis de cette façon parce que je suis un homme de gauche et que le gouvernement chinois aurait donc ma faveur automatiquement. Ceux-là ne font pas preuve d’un grand discernement politique. Confondre un socialiste républicain français avec un communiste chinois n’est pas très subtil sauf s’il s’agit de nuire à la réputation politique de l’un ou de l’autre dans son milieu. Par-dessus tout il faudrait aussi se demander si toutes ces étiquettes politiques correspondent bien au produit d’origine que la propagande veut disqualifier. L’évolution politique du Parti communiste chinois n’est un secret pour personne. Doit-on continuer à le traiter comme si sa doctrine était celle des années cinquante ? Cela se fait beaucoup pourtant. Mais je ne pense pas que qui que ce soit y croit sérieusement. Pourquoi avoir un double langage permanent à ce sujet ? Au Congrès de l’internationale socialiste de Sao Paolo, le Parti communiste Chinois était présent en tant qu’invité. Personne n’a trouvé à redire à cette invitation. J’étais membre de la délégation socialiste française, dirigée par Pierre Moscovici, qui rencontra la puissante délégation des invités communistes chinois. Personne n’évoqua l’idée de boycotter cette rencontre. Elle fut aussi normale et détendue que n’importe quelle autre rencontre. Quand le président Sarkozy est allé en Chine il y a quelques mois a-t-il une seule fois soulevé le problème du Tibet au nom duquel à présent il « n’exclut rien », y compris de boycotter la cérémonie d’ouverture ? Non, bien sur. Heureusement. Les gesticulations
d’aujourd’hui sont de pures hypocrisies. Mais en
agissant de cette façon irresponsable on exprime une incompréhension
de ce qu’est la Chine actuelle réelle et un grand
mépris pour la sensibilité culturelle de son peuple.
Ceux qui croient qu’un gouvernement tient et dirige un
pays de plus d’un milliard d’habitants par des mesures
de police se trompent absolument et ne comprennent rien à ce
qui se passe. Les chinois du commun ont toutes
les raisons de se méfier. Ils ont raison de le faire.
Dans cet épisode lamentable à Paris, notre pays
a reçu un très rude coup dans l’esprit des
chinois. Je dis bien les chinois. C’est à dire
les gens du peuple, les intellectuels, les dirigeants de tous
niveaux. C’est à nous, français, qu’on
en veut, davantage qu’aux autres, d’avoir permis
l’humiliant traquenard contre le passage de la flamme olympique à Paris.
Les chinois savent qu’en France, si bavarde sur la liberté de
la presse, ont été censurées les images
ou l’on voyait un agresseur atteindre la jeune sportive
handicapée et son accompagnateur aveugle. Peu importe
que l’agresseur ai été un anglais comme
un certain nombre des manifestants les plus agressifs venus avec
ces centaines de drapeaux tibétains pourtant introuvables
dans le commerce. Le dernier maoïste de France Jean-Luc Melenchon |
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Tibet, page spéciale
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